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Nous avons vu la guerre différemment, par Claire

Nous avons vu la guerre différemment, par Claire

 

                                                                                      Nous avons vu la guerre différemment.

 

                  Cela fait plus d'un siècle que la première guerre mondiale a fait ses ravages, 20 millions de blessés et pas loin de 9 millions de morts. Pourtant, même aujourd'hui, cette guerre est encore dans nos mémoires. Elle se retrouve dans tous les monuments aux morts construits partout dans le monde, tous les musées sur la grande guerre et toutes les commémorations, notamment célébrées pour le 11 novembre. A notre échelle, nous avons voyagé dans les départements de la Somme et de l'Aisne, pour découvrir des lieux encore imprégnés d'histoire. Et ainsi, nous avons pu retracer le déroulement de cette guerre qui fut totale ; et pour, au final, peut-être mieux la comprendre.

Grâce à l'atelier histoire constitué d'une dizaine de lycéens, qui a vu le jour il y a environ un an et demi, un voyage a été organisé sur les traces des soldats de la première guerre mondiale. Cet atelier consiste à faire des recherches sur les anciens élèves de notre établissement, morts au champs d'honneur. Ces trois jours de voyage nous ont donc permis de visiter des lieux de combats comme la bataille de la Somme ou encore le Chemin des Dames, mais aussi des lieux de mémoire comme l'Historial de Péronne et la clairière de l'armistice à Rethondes.

De tous les lieux qui restent de cette guerre, les plus marquants sont sûrement les cimetières. Celui de Rancourt, plus grand cimetière militaire de la Somme de la première guerre mondiale, compte plus de 8500 dépouilles de soldats français dont 5327 tombes individuelles.

                                                                                                           Tombes de soldats, toutes alignées dans le cimetière de Rancourt

L'ampleur de toutes ces croix, pourtant infime par rapport aux victimes totales de cette guerre, m'a interpellée. C'est à ce moment que l'on se rend réellement compte du nombre de morts qu'ont engendré ces atrocités. A l'entrée de ce cimetière, un mémorial a été inauguré, en 1923, grâce à l'initiative de Madame du Bos. Cette mère a voulu honorer la mémoire de son fils et de ses camarades, morts lors de la bataille de la Somme, en 1916. A l'intérieur de ce monument est d'ailleurs inscrit : « A la mémoire de Mme Auguste Du Bos à qui est due l'idée première de l'église et du monument commémoratif ». Ceci n'est qu'un exemple de tous les monuments qui existent en mémoire des soldats français et qui sont très importants pour garder le souvenir de chacun de ces soldats qui se sont battus pour la France.

Mais, il ne faut pas oublier, qu'aux cotés des Français, se battaient aussi des Britanniques, ou encore des Russes. Sur le site de Beaumont-Hamel, situé dans la Somme, se trouve un mémorial honorant les soldats terre-neuviens. En effet, lors du premier jour de la bataille de la Somme, le 1er Juillet 1916, ce régiment compte 80 % de pertes, soit 340 soldats en une matinée. On sait que ce premier jour fut pour la bataille de la Somme le plus meurtrier avec plus 58 000 soldats tués! Dans ce parc, nous avons pu découvrir plusieurs monuments commémoratifs comme le caribou de Beaumont-Hamel, qui correspond à l'insigne du régiment, mais aussi des restes de tranchées des lignes allemandes et britanniques qui s'étendent sur 16 hectares.

                                                                                                                                             Le Caribou et les vestiges des tranchées

Ces terres achetées par le gouvernement de Terre-Neuve et les familles de soldats en 1921, ont une importance pour le Canada puisqu'il est l'un des deux seuls lieux historiques nationaux du Canada en France. On a également pu apercevoir le mémorial de Thiepval, très imposant avec ses 45 mètres de haut. Lui aussi, est dédié aux soldats britanniques disparus pendant la bataille de la Somme.

Ainsi, que ce soit pour les Français ou bien les Britanniques la mémoire de tous ces morts est conservée à travers les mémoriaux et les cimetières. Et ainsi, avec l'aide de nos mémoires et celles des générations futures.

Comme nous avons pu le voir au musée d'histoire culturelle de Péronne, les objets eux aussi peuvent apporter un témoignage. Dans cet Historial de la grande guerre, nous avons observé et analysé des documents, des collections et des objets originaux. Ainsi, nous avons appris l'importance du patriotisme pour les jeunes citoyens en temps de guerre, la cruauté autant pour les civils que les soldats de cette guerre mais surtout, sa violence. En effet, j'ai été surprise de voir qu'une balle pouvait traverser aussi facilement un casque et faire un tel trou, ou encore voir avec quelles armes meurtrières les soldats se battaient au corps à corps.

                                                                                     Fosse dans laquelle des objets de soldats sont exposés,à l'Historial de Péronne

 

Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est de constater que presque tous les objets qu'ils possédaient sont pour se défendre, se protéger, survivre dans les tranchées. Les faibles liens avec leurs familles étaient des lettres qu'ils recevaient de temps en temps et quelques photos, auxquelles ils se raccrochaient désespérément.

Ainsi, contrairement au cours d'histoire, les endroits que nous avons visités ne nous ont pas seulement appris les faits mais également les sentiments qu'ont pu ressentir les soldats dans ces combats atroces, leur volonté de survivre dans des conditions de vie difficiles, et parfois même leur désespoir que pourtant nous ne pouvions qu'imaginer.

Ainsi, plus nous visitions de sites, plus j'en apprenais un peu plus sur l’état d'esprit de ces soldats pendant la guerre.

Les différents objets que nous avons découverts tout au long de nos visites, resteront toujours des vestiges de la grande guerre puisque chacun d'eux nous raconte une histoire. Par exemple, les objets du quotidien des soldats qui témoignent de la dureté de leur vie dans les tranchées mais sont aussi une trace indélébile de leur passage dans cette période de l'histoire. J'ai également ressenti la mémoire de ces hommes à travers l'artisanat de tranchées. Dans toutes ces horreurs les soldats avaient encore de la place pour la créativité. Ils réalisaient des objets à partir de matières premières qu'ils trouvaient comme le cuivre provenant des millions de projectiles tirés sur les champs de bataille. Des objets comme des vases, des coupes, ou encore des couteaux.

                                                                   Artisanat de tranchées de la Caverne du Dragon

Sur chaque lieu de combat, mon imagination voyait tous ces hommes, leurs peurs liées à cet enfer et leurs combats acharnés. En effet, même si je connaissais la violence de ces combats et le quotidien très dur que subissaient les soldats, j'en fus encore surprise. Devant moi, les très nombreuses croix tombales sont devenues réalité, les tranchées et les trous d'obus se sont transformés en véritables témoignages de l'horreur de cette guerre.

Chaque combat correspond à un nombre de morts, inscrit sur les monuments, sur les tombes. Mais justement, nous ne voyons que des noms sur des plaques, et ce que nous avons tendance à oublier c'est que derrière chaque nom, se cache un homme, qui a vécu, et une famille, qui l'a aimé.

C'est pourquoi, un des lieux que nous avons visités m'a particulièrement touchée, il s'agit du cimetière charentais qui a été érigé en l'honneur des soldats charentais morts pour la France lors du combat du 28 Août 1914.

J'ai particulièrement été intéressée car j'ai étudié la vie d'un de ces soldats et ainsi l'ai présentée lors de la visite, pour d'une certaine manière, lui rendre hommage. Il s'agit de Glémet Maurice , âgé de 29 ans, originaire de Barbezieux et viticulteur. Il était soldat de 2ème classe au 308ème régiment d'infanterie, lorsqu'il est tué le 28 Août 1914, dans le bois de Vaux, proche du village de Moislains. Ce jour là, à cause d’un brouillard intense et d’un ennemi bien supérieur en nombre, son régiment est encerclé et bat en retraite. Il est tué par les Allemands ainsi que plus de 700 autres de ses camarades ce jour-là.

Pourtant, ce n'est qu'un parmi neuf millions, neuf millions de soldats qui ont combattu pour la France et dont beaucoup sont morts sur le champs de bataille.

 

                                                                                                                                             Le cimetière des Charentais

Au final , grâce à ce voyage nous avons pu voir la grande guerre différemment, à travers des objets et des lieux. Nous avons mis des images, plus clairement qu'avant, sur l'histoire de cette guerre. Même si je ne connaissais pas tous les soldats dont j'ai croisé le nom, j'ai ressenti un grand respect envers ceux qui se sont battus courageusement et sont morts aux champs de bataille et encore plus pour ceux qui ont continué à vivre après cette guerre d'une violence extrême, qui a détruit tant de vies et de familles. Tout cela, nous fait réfléchir sur les conséquences d'un tel conflit et sur son utilité véritable. En effet, l'Histoire nous a montré plus d'une fois que la nature humaine pouvait être cupide et cruelle, alors faisons en sorte que ce passé reste du passé en se rappelant que la guerre ne sera jamais une solution mais toujours une destruction et une tristesse immense pour tant de monde.

                                                                                                           Claire, élève de Terminale S1