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Histoire Géographie

Un poilu inconnu........identifié !

Un poilu inconnu........identifié !

Deux carnets dans l'oubli d'un grenier, le quotidien d'un poilu pris dans la tourmente d'une terrible guerre. Des passages lus autour du monument aux morts le 11 novembre, une histoire chargée d'émotion mais une histoire anonyme.

 

Peut-être un enfant de Chillac puisqu'il cite dans ses récits des noms familiers dans ce village.

Cent ans plus tard, Claire D et Léo B, installés dans cette petite salle de conseil de Chillac. Les archives recouvrent la table. Les voilà, l’œil pétillant m'expliquant leur étrange voyage dans le passé. Les faisceaux de preuves, les impasses, les possibilités écartées, une enquête dont ils connaissent parfaitement les méandres.

Mais ce qui m'a frappée dans ces échanges c'est l'impression de les avoir vu se glisser dans l'univers d'une famille, avec beaucoup de plaisir et de respect. Les prénoms, ils les connaissent, ils les citent comme des amis, ils ont méthodiquement démêlé leur écheveau pour en extraire un seul.

Je remercie vivement Claire et Léo, enfants d'un siècle nouveau, pour leur belle implication dans cette aventure. Grâce à eux, nous pouvons désormais mettre un nom sur le Poilu, auteur de ce récit de guerre.

                                                                                                                                                Madame le maire de Chillac.

Claire et Léo, jeunes bacheliers désormais, ont travaillé dans le cadre de l'Atelier Histoire depuis janvier 2016 pour relever ce défi, ce qu'ils ont fait avec méthode et brio. Ils nous livrent leur travail d'enquête et leurs conclusions dans un dossier de l'Atelier Histoire Élie Vinet.

Bravo à eux.

                                                                                                                                                   L'Atelier Histoire Élie Vinet

                                                                           Claire, Léo et Monsieur Roland à la mairie de Chillac.

 

 

Visite pédagogique Château de Barbezieux

Mardi 26 septembre, la classe de 1ère ES s’est rendue au château de Barbezieux, dans le cadre du cours d’histoire-géographie de Mme S. Cousseau. Cette visite entre dans le thème de géographie sur  la compréhension des territoires de proximité. L’édifice s’inscrit au cœur de la ville et il a fait l’objet depuis 2012 de travaux de réhabilitation. Bénéficiant du label Pôle d’Excellence Rural, le site propose un nouvel équipement aux habitants pour les arts de la scène et les initiatives citoyennes. Les élèves ont visité et appréhendé les questions d’aménagement en identifiant les objectifs et les acteurs.  Cette sortie a été aussi l’occasion de découvrir le projet d’aménagement de la Place de Verdun, qui fait face au Château.

 

 

Le site

Commémoration de la bataille de Verdun

Commémoration du centenaire de la bataille de Verdun

Le lycée a participé, avec une trentaine d'autres établissements, à la cérémonie de commémoration du centenaire de la bataille de Verdun, au Mémorial de la Résistance à Chasseneuil-sur-Bonnieure, le jeudi 9 juin 2016.

 

Cette cérémonie, en présence de M. Pérez, préfet de la Charente, de M. Morin, Délégué général du Souvenir français et de 117 porte-drapeaux a été marquée par la venue de la flamme du soldat inconnu, depuis l'Arc de Triomphe. Elle a été, en particulier pour nos 22 élèves de seconde, un moment émouvant. Ils ont ainsi rendu hommage à deux de leurs aînés qui, comme tant d'autres, ont été portés disparus lors de cette terrible bataille : Albert Bouchelot de Gondeville et René Gendre de Touvérac.

 

 

Qu'il nous soit permis de remercier particulièrement Camille G., de seconde 1 et Adrian M., de seconde 2, qui ont mis notre lycée à l'honneur par la qualité de leur lecture des textes du souvenir.

                                

 

 

Camille, lisant la lettre du soldat

René Pigeard à son père. René

Pigeard est décèdé en captivité le 17

octobre 1917, en essayant de s'évader.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  Adrian, lisant le poème

  "Soldat inconnu" de

  Cypora Sebagh      

 

 

 

 

 

 

 

Source des deux dernières photographies:

http://www.charente.gouv.fr/Actualites/Commemoration-du-centenaire-de-la-bataille-de-Verdun-a-Chasseneuil

                                                                                             Les professeurs de l'Atelier Histoire Elie Vinet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tant de vies se sont arrêtées là-bas, par Oryane

 

 

 

                     Tant de vies se sont arrêtées là-bas

 

     

Sur les traces de la première guerre mondiale, le ressenti d'une lycéenne.

 

      Nous sommes partis très tôt le matin et après neuf heures de bus nous sommes finalement arrivés à Rethondes. Nous avons pu y visiter un musée et essayer différents uniformes de soldats français, allemands, australiens ainsi que leurs armes et leurs casques. Nous avons également pu manipuler leurs objets du quotidien : gamelle, rasoir, pelle... Je crois que c'est là qu'on a réellement commencé à prendre conscience du poids de ces objets, les fusils sont vraiment lourds et si on leur ajoute l'uniforme ainsi que quelques contretemps météorologiques ça devait vite être un calvaire.

      Le lendemain nous avons visité des cimetières militaires... c'est ce que je redoutais le plus et à juste titre. J'y ai versé mes premières larmes du voyage. C'est très frappant le nombre de cimetières au kilomètre, le nombre de nationalités représentées, toutes religions confondues. Si l'on réalise qu'une croix est égale à une vie tombée, sans compter les fosses communes... c'est énorme. J'étais à la fois triste mais touchée par l'entretien: tout est parfaitement aligné et propre, même cent ans plus tard. C'est une belle preuve de respect et d'attachement. Personnellement je trouve dommage que ces hommes soient enterrés entreeux en tant que soldats et pas en tant que père, mari, frère ou fils là où ils ont vécu.

      La seconde visite de la journée était le parc des Terre-neuviens... et là non plus je ne me sentais pas bien. De voir tous ces trous d'obus, ces barbelés, des tranchées m'a bouleversée. J'étais pâle et j'avais envie de vomir d'imaginer que je marchais sur les pas de soldats qui vivaient à cet endroit même un enfer, qui y ont laissé leur vie. Je me suis fait la réflexion que le no man's land était très réduit, chose à laquelle on ne fait pas attention dans les livres d'Histoire. L'angoisse pour les soldats devait en être que plus importante...

      Notre guide canadienne nous a aussi expliqué pourquoi les tranchées étaient si étroites et sinueuses; afin d'éviter les tirs en enfilade, très astucieux. Je pense que si j'étais si mal sur les lieux c'est que je ne voyais pas la même chose que les autres: eux n'arrivaient pas à retranscrire la scène puisque la nature a repris ses droits, que tout y est calme, qu'il y a un chemin tracé par des planches et une corde. Moi j'y voyais de la boue, j'y entendais des cris et des bombardements. J'y ai imaginé des centaines de casques vides, des corps et des plaques égarées. Et même en l'écrivant aujourd'hui j'en pleure encore. Ce qui a été très éloquent également c'était la grande plaque de bronze où sont notés les noms des soldats tombés sous les balles adverses. La répétition des mêmes patronymes quatre, cinq, six fois montre qu'il s'agissait d'hommes de la même famille, des frères, des cousins, des pères et fils, des oncles et neveux, peut-être même tout à la fois. Et puisqu'il s'agissait de bataillons de copains, pourquoi pas des amis d'enfance, des collègues, des compagnons de jeu... alors on s'imagine un soldat qui s'est engagé avec ceux qu'il aime et qui lorsque le soir il répond à l'appel, il y répond seul. Comment peut-il trouver le courage de continuer à se battre le lendemain ?

      Ensuite nous avons été au «Lochnagar crater». C'était très impressionnant et révélateur de la violence, de l'imagination tordue des hommes pour se faire du mal. On nous y a raconté la guerre des mines, comme quoi les Britanniques et les Allemands ont creusé des kilomètres et des kilomètres de tunnels sous La Boisselle, presque joints les uns aux autres, a environ seize mètres de profondeur. Et c'est là que le 1er juillet 1916 les Allemands ont fait exploser 27 tonnes de dynamite, alors je me suis imaginée des corps projetés et démembrés, puis retombant dans la fumée. Aujourd'hui, il y a un mémorial à cet endroit où les familles des soldats pour se recueillir, ou juste ceux qui veulent prouver qu'ils n'oublient pas, viennent déposer des couronnes de coquelicots absolument magnifiques et chargées d'émotions, on l'a très bien ressenti.

      Puis nous avons visité l'historial de Péronne. Malheureusement j'ai trouvé que le temps nous manquait pour apprécier pleinement ce lieu. Le dossier pédagogique à renseigner y devenait un handicap rendant la visite une course aux réponses et à la montre. C'est dommage. Mais je compte y retourner ultérieurement, sans le corps scolaire, pour y prendre le temps que ça mérite. Cependant, le petit film qui nous a été projeté était certes crû mais émouvant, notamment par les photos de famille, de mariage, de tranchées des soldats. Certaines phrases résonnent encore dans mon esprit:

«Il n'y a que du ciel que l'on voit la vérité, tout y est calme, beau, paisible.

De là-haut il n'y a plus de guerre, plus de politique, plus de mensonge,

plus de violence, plus rien... mais il n'y a plus d'hommes non plus.»

      En fin d'après-midi, nous nous sommes rendus à la salle des fêtes de Moislains. Le maire nous y attendait et nous a conté le sort du 307ème régiment d'infanterie, soit 801 Charentais partis d'Angoulême pour combattre à Moislains et morts peu de temps après leur arrivée, pris au piège par les mitraillettes allemandes. Le maire, M. Carpentier, a souvent répété que Moislains et la Charente étaient «liés par le sang» ; mais aussi par la terre puisqu'il y a là-bas un cimetière réservé à nos combattants Charentais, à nos aïeuls, où les terres des deux régions sont mêlées dans une urne renouvelée tous les dix ans. C'est très émouvant qu'ils aient un tel hommage.

      Je me suis tout de même sentie un peu gênée de savoir que cela fait cent ans que Moislains se sent uni à la Charente alors que jusqu'à ce jour j'ignorais totalement l'existence de cette ville et cette partie de notre histoire régionale, non-mentionnée dans nos manuels d'Histoire. Dans le cimetière, je me souviens qu'une amie m'a dit que si l'on réfléchissait bien, compte-tenu de la position des corps, nous leur marchions dessus. Et je lui ai répondu que si l'on réfléchissait bien, où que l'on pose le pied dans cette région, on marchait sur des centaines de corps... c'est funèbre et accablant. M. le maire nous a ensuite mené dans un bois, ce qui a fortement fait protester plusieurs de mes camarades à cause de la boue sur les chaussures. De la boue, ça se lave. Puis ce n'est rien comparé aux conditions de la guerre, j'ai trouvé cette réaction puérile. Quoi qu'il en soit, nous avons marché sur les traces des soldats du 307ème R.I et nous avons vu l'endroit où ils sont tombés, encerclés par les Allemands, bien cachés dans un contre-bas lui-même dissimulé derrière les arbres. C'est là que j'ai réalisé toute la stratégie et la difficulté du lieu. Enfin, le secrétaire général de la Mémoire (il me semble), nous a remis une bougie commémorative qu'il nous a chargé d'allumer le 11 novembre ; et il peut compter sur moi.

      Le dernier jour était le plus sportif. En premier lieu nous avons visité «la caverne du dragon» qui, malgré qu'il n'y avait pas de dragon reste un des lieux qui m'a le plus marqué et le plus instruit. Je ne restituerais pas ce qu'on y a vu et appris mais ça mériterait réellement d'y retourner pour que les terminales de l'an prochain aient aussi accès à ces informations. Durant le parcours, notre guide (qui d'ailleurs était géniale, merci Valentine) nous a raconté une anecdote qui m'a fait enragé. Les Français, à bout de force et de nourriture, auraient voulu faire une trêve un moment donné. Ils auraient alors envoyé le peu qu'ils leur restait, à savoir des cigarettes, dans les tranchées allemandes. Geste auquel les Allemands auraient répondu en brandissant des poulets rôtis, signifiant que eux étaient bien nourris, et le poulet renvoyant au coq, emblème de la France. Nous avons ensuite suivi la guide sur une partie du Chemin des Dames et dans l'ancien village de Craonne, entièrement détruit par les obus.

      C'était très frappant, il ne restait des maisons que leur grille de cave. Il ne restait rien, le terrain est complètement déformé par les cratères. C'est difficile de s'imaginer un village, des commerces, des lieux de loisirs là où on croirait être dans une forêt. Nous avons marché jusqu'au plateau de Californie. Les plus courageux sont montés au sommet de l'observatoire. Personnellement je suis resté en bas et j'ai lu les panneaux. Les photos avant-après font froid dans le dos. Puis Valentine nous a parlé des mutineries liés à la prise de conscience des soldats des erreurs du gouvernement lors du changement Nivelle-Pétain ainsi que des 950 «fusillés pour l'exemple». «Fusillé pour l'exemple» ; quelle barbarie... elle a pris l'exemple du film Le Pantalon Rouge, tiré d'une histoire vraie. Un soldat fusillé pour «non-obéissance aux ordres sous l'attaque ennemie», il avait simplement refusé de porter le pantalon d'un de ses camarades morts... c'est vraiment révoltant.

      Puis nous avons repris le bus et nous sommes rentrés en Charente. Je me suis rendue compte là-bas que même après cent ans, la mémoire est difficile. Même pour moi qui n'était même pas née au moment de la guerre, qui n'a pas vécue le calvaire des soldats ou même de leur proches. Je suis profondément bouleversée par ce que j'ai vu, entendu et appris durant ce voyage, qui était bien plus instructif que trois ans de cours magistraux. Dans les manuels scolaires, on nous enseigne des faits, des événements, des dates, des nombres... pas la douleur des familles. Regarder une photographie n'est pas comparable au fait de marcher sur le lieu, au fait de voir toutes ces croix britanniques, françaises, allemandes, russes, qui reposent à quelques kilomètres les unes des autres ; au fait d'entendre les histoires locales. On se rend vraiment compte ici de la violence et de la bêtise des hommes qui inventent, qui mettent au point, qui perfectionnent des armes toujours plus destructrices et meurtrières dans le but de s'anéantir. Tant de vies se sont arrêtées là-bas : des soldats bien sûr mais aussi des mères, des pères, des veuves, des orphelins... et au nom de quoi ? Je rend hommage à toutes ces pertes, qu'elles soient Alliées ou Allemandes car un homme est un homme, une vie est une vie et rien ne méritait un tel massacre, un tel abattoir.

      Je remercie sincèrement le club histoire pour nous avoir permis de faire ce voyage et sans qui je n'aurais sans doute jamais mis les pieds là-bas. J'y retournerai plus tard, pour que la future génération n'oublie pas elle non plus... car oublier serait déshonorer tous ceux qui ont soufferts et permettre que de telles horreurs se rééditent comme ce fut le cas avec la Seconde Guerre Mondiale.

Merci.                                                                                             Oryane, élève de Terminale ES

Commémoration de la Grande Guerre au lycée (suite)

 

 

 

 

                 L'un des moments d'émotion du voyage : deux élèves de l'atelier histoire prennent   la parole au cimetière

                 des Charentais à Moislains, pour rendre hommage au soldat Maurice Glemet, disparu le 28 août 1914.

 

                     Commémoration de la Grande Guerre au lycée

La fin de l'année 2015 aura vu trois temps forts couronner le projet « Charentais du front et de l'arrière dans le Sud-Charente pendant la Grande Guerre » :

  • Le voyage pédagogique, qui a mené en septembre 58 élèves de terminale sur les champs de bataille de la Somme, de Moislains en particulier, et du Chemin des Dames, sur la trace des anciens élèves morts pour la France pendant la Grande Guerre. Vous pouvez si vous le souhaitez lire quelques-uns des comptes rendus des élèves, parmi les plus remarquables, dans la rubrique « histoire » de ce site. Rappelons que le blog du voyage est par ailleurs accessible sur l'espace numérique de travail du lycée.

  • La cérémonie officielle du 10 novembre, devant la plaque commémorative du lycée, qui fut, en présence de l'ensemble des associations d'anciens combattants, et des corps constitués, un hommage émouvant rendu à nos morts et tout particulièrement à ceux de l'année 1915, par les élèves de l'atelier histoire.

  • L'exposition enfin, à partir du 10 novembre au lycée, puis à la médiathèque de notre ville, fut le fruit d'un travail collaboratif auquel ont participé deux enseignants des écoles primaires, un professeur du collège, un professeur d'un collège allemand et l'atelier histoire du lycée. Les élèves de CE2 se sont intéressés à la vie quotidienne dans nos campagnes pendant la guerre, ceux du CM2 ont rédigé des lettres à nos poilus à partir des recherches effectuées par les lycéens. Une élève du collège a travaillé sur son aïeul, poilu charentais, à partir de souvenirs et d'archives familiales. Les élèves allemands ont étudié la commémoration de la Grande Guerre en Allemagne et les élèves de l'atelier histoire du lycée ont produit le fruit de leurs amples recherches sur les soldats morts pour la France figurant sur la plaque commémorative de l'établissement, ainsi qu'un compte rendu photographique du voyage d'étude. S'y ajoute enfin l'étude de ce qui était alors le collège communal de Barbezieux et de l'organisation du culte du souvenir à Barbezieux pendant et après la guerre.

                                                                                  Les professeurs de l'atelier histoire.

Nous avons vu la guerre différemment, par Claire

 

                                                                                      Nous avons vu la guerre différemment.

 

                  Cela fait plus d'un siècle que la première guerre mondiale a fait ses ravages, 20 millions de blessés et pas loin de 9 millions de morts. Pourtant, même aujourd'hui, cette guerre est encore dans nos mémoires. Elle se retrouve dans tous les monuments aux morts construits partout dans le monde, tous les musées sur la grande guerre et toutes les commémorations, notamment célébrées pour le 11 novembre. A notre échelle, nous avons voyagé dans les départements de la Somme et de l'Aisne, pour découvrir des lieux encore imprégnés d'histoire. Et ainsi, nous avons pu retracer le déroulement de cette guerre qui fut totale ; et pour, au final, peut-être mieux la comprendre.

Grâce à l'atelier histoire constitué d'une dizaine de lycéens, qui a vu le jour il y a environ un an et demi, un voyage a été organisé sur les traces des soldats de la première guerre mondiale. Cet atelier consiste à faire des recherches sur les anciens élèves de notre établissement, morts au champs d'honneur. Ces trois jours de voyage nous ont donc permis de visiter des lieux de combats comme la bataille de la Somme ou encore le Chemin des Dames, mais aussi des lieux de mémoire comme l'Historial de Péronne et la clairière de l'armistice à Rethondes.

De tous les lieux qui restent de cette guerre, les plus marquants sont sûrement les cimetières. Celui de Rancourt, plus grand cimetière militaire de la Somme de la première guerre mondiale, compte plus de 8500 dépouilles de soldats français dont 5327 tombes individuelles.

                                                                                                           Tombes de soldats, toutes alignées dans le cimetière de Rancourt

L'ampleur de toutes ces croix, pourtant infime par rapport aux victimes totales de cette guerre, m'a interpellée. C'est à ce moment que l'on se rend réellement compte du nombre de morts qu'ont engendré ces atrocités. A l'entrée de ce cimetière, un mémorial a été inauguré, en 1923, grâce à l'initiative de Madame du Bos. Cette mère a voulu honorer la mémoire de son fils et de ses camarades, morts lors de la bataille de la Somme, en 1916. A l'intérieur de ce monument est d'ailleurs inscrit : « A la mémoire de Mme Auguste Du Bos à qui est due l'idée première de l'église et du monument commémoratif ». Ceci n'est qu'un exemple de tous les monuments qui existent en mémoire des soldats français et qui sont très importants pour garder le souvenir de chacun de ces soldats qui se sont battus pour la France.

Mais, il ne faut pas oublier, qu'aux cotés des Français, se battaient aussi des Britanniques, ou encore des Russes. Sur le site de Beaumont-Hamel, situé dans la Somme, se trouve un mémorial honorant les soldats terre-neuviens. En effet, lors du premier jour de la bataille de la Somme, le 1er Juillet 1916, ce régiment compte 80 % de pertes, soit 340 soldats en une matinée. On sait que ce premier jour fut pour la bataille de la Somme le plus meurtrier avec plus 58 000 soldats tués! Dans ce parc, nous avons pu découvrir plusieurs monuments commémoratifs comme le caribou de Beaumont-Hamel, qui correspond à l'insigne du régiment, mais aussi des restes de tranchées des lignes allemandes et britanniques qui s'étendent sur 16 hectares.

                                                                                                                                             Le Caribou et les vestiges des tranchées

Ces terres achetées par le gouvernement de Terre-Neuve et les familles de soldats en 1921, ont une importance pour le Canada puisqu'il est l'un des deux seuls lieux historiques nationaux du Canada en France. On a également pu apercevoir le mémorial de Thiepval, très imposant avec ses 45 mètres de haut. Lui aussi, est dédié aux soldats britanniques disparus pendant la bataille de la Somme.

Ainsi, que ce soit pour les Français ou bien les Britanniques la mémoire de tous ces morts est conservée à travers les mémoriaux et les cimetières. Et ainsi, avec l'aide de nos mémoires et celles des générations futures.

Comme nous avons pu le voir au musée d'histoire culturelle de Péronne, les objets eux aussi peuvent apporter un témoignage. Dans cet Historial de la grande guerre, nous avons observé et analysé des documents, des collections et des objets originaux. Ainsi, nous avons appris l'importance du patriotisme pour les jeunes citoyens en temps de guerre, la cruauté autant pour les civils que les soldats de cette guerre mais surtout, sa violence. En effet, j'ai été surprise de voir qu'une balle pouvait traverser aussi facilement un casque et faire un tel trou, ou encore voir avec quelles armes meurtrières les soldats se battaient au corps à corps.

                                                                                     Fosse dans laquelle des objets de soldats sont exposés,à l'Historial de Péronne

 

Mais ce qui m'a le plus touchée, c'est de constater que presque tous les objets qu'ils possédaient sont pour se défendre, se protéger, survivre dans les tranchées. Les faibles liens avec leurs familles étaient des lettres qu'ils recevaient de temps en temps et quelques photos, auxquelles ils se raccrochaient désespérément.

Ainsi, contrairement au cours d'histoire, les endroits que nous avons visités ne nous ont pas seulement appris les faits mais également les sentiments qu'ont pu ressentir les soldats dans ces combats atroces, leur volonté de survivre dans des conditions de vie difficiles, et parfois même leur désespoir que pourtant nous ne pouvions qu'imaginer.

Ainsi, plus nous visitions de sites, plus j'en apprenais un peu plus sur l’état d'esprit de ces soldats pendant la guerre.

Les différents objets que nous avons découverts tout au long de nos visites, resteront toujours des vestiges de la grande guerre puisque chacun d'eux nous raconte une histoire. Par exemple, les objets du quotidien des soldats qui témoignent de la dureté de leur vie dans les tranchées mais sont aussi une trace indélébile de leur passage dans cette période de l'histoire. J'ai également ressenti la mémoire de ces hommes à travers l'artisanat de tranchées. Dans toutes ces horreurs les soldats avaient encore de la place pour la créativité. Ils réalisaient des objets à partir de matières premières qu'ils trouvaient comme le cuivre provenant des millions de projectiles tirés sur les champs de bataille. Des objets comme des vases, des coupes, ou encore des couteaux.

                                                                   Artisanat de tranchées de la Caverne du Dragon

Sur chaque lieu de combat, mon imagination voyait tous ces hommes, leurs peurs liées à cet enfer et leurs combats acharnés. En effet, même si je connaissais la violence de ces combats et le quotidien très dur que subissaient les soldats, j'en fus encore surprise. Devant moi, les très nombreuses croix tombales sont devenues réalité, les tranchées et les trous d'obus se sont transformés en véritables témoignages de l'horreur de cette guerre.

Chaque combat correspond à un nombre de morts, inscrit sur les monuments, sur les tombes. Mais justement, nous ne voyons que des noms sur des plaques, et ce que nous avons tendance à oublier c'est que derrière chaque nom, se cache un homme, qui a vécu, et une famille, qui l'a aimé.

C'est pourquoi, un des lieux que nous avons visités m'a particulièrement touchée, il s'agit du cimetière charentais qui a été érigé en l'honneur des soldats charentais morts pour la France lors du combat du 28 Août 1914.

J'ai particulièrement été intéressée car j'ai étudié la vie d'un de ces soldats et ainsi l'ai présentée lors de la visite, pour d'une certaine manière, lui rendre hommage. Il s'agit de Glémet Maurice , âgé de 29 ans, originaire de Barbezieux et viticulteur. Il était soldat de 2ème classe au 308ème régiment d'infanterie, lorsqu'il est tué le 28 Août 1914, dans le bois de Vaux, proche du village de Moislains. Ce jour là, à cause d’un brouillard intense et d’un ennemi bien supérieur en nombre, son régiment est encerclé et bat en retraite. Il est tué par les Allemands ainsi que plus de 700 autres de ses camarades ce jour-là.

Pourtant, ce n'est qu'un parmi neuf millions, neuf millions de soldats qui ont combattu pour la France et dont beaucoup sont morts sur le champs de bataille.

 

                                                                                                                                             Le cimetière des Charentais

Au final , grâce à ce voyage nous avons pu voir la grande guerre différemment, à travers des objets et des lieux. Nous avons mis des images, plus clairement qu'avant, sur l'histoire de cette guerre. Même si je ne connaissais pas tous les soldats dont j'ai croisé le nom, j'ai ressenti un grand respect envers ceux qui se sont battus courageusement et sont morts aux champs de bataille et encore plus pour ceux qui ont continué à vivre après cette guerre d'une violence extrême, qui a détruit tant de vies et de familles. Tout cela, nous fait réfléchir sur les conséquences d'un tel conflit et sur son utilité véritable. En effet, l'Histoire nous a montré plus d'une fois que la nature humaine pouvait être cupide et cruelle, alors faisons en sorte que ce passé reste du passé en se rappelant que la guerre ne sera jamais une solution mais toujours une destruction et une tristesse immense pour tant de monde.

                                                                                                           Claire, élève de Terminale S1

Pour mon arrière grand-père, par Iona.

 

                        Voyage d'étude sur les champs de bataille de la Grande Guerre.

Le mercredi 16 Septembre 2015, nous, Terminales L/ES et S du lycée Élie Vinet, avons eu le grand plaisir de partir en voyage scolaire en Picardie, visiter et explorer les champs de bataille de la première Guerre Mondiale pendant trois jours. Durant ce voyage, nous avons visité plusieurs mémoriaux et sites consacrés aux mémoires de cette guerre dont la Clairière de l'Armistice, les Champs de bataille de la Somme, l'Historial de Péronne, la Caverne du dragon et le Chemin des Dames. Cette expérience était très significative pour moi car mon arrière grand-père avait participé à la Grande Guerre et plus précisément dans la Somme.

Tout d'abord, je vais vous parler du Mémorial du cratère de Lochnagar, ensuite j'évoquerai le Mémorial de Thiepval. Ces éléments sont ceux qui me tiennent le plus à cœur et qui m'ont le plus marqué parmi toutes les autres visites qui étaient toutes aussi intéressantes et instructives.

 

Le Jeudi 17 Septembre nous avons exploré la Mine de la Boisselle ( Lochnagar crater). Ce cratère a un diamètre de plus de 80 mètres et fait 30 mètres de profondeur. Il résulte de l'explosion d'une mine créée par les Royal Engineer tunnelling companies. Les soldats du 9e Cheshire ont creusé une galerie souterraine allant jusqu'à la première ligne allemande et la garnirent de 27 tonnes d'explosifs. Ils ont mis feu le 1er juillet 1916 à 7h28 du matin, c'était le début de la bataille de la Somme. Les dégâts sur l'ensemble de la Somme étaient monstrueux avec au total 60 000 Britanniques morts, blessés ou portés disparus. De plus, en 10 minutes, 80% de la 101ème brigade britannique se trouvait hors du combat. Malgré le fait que l'explosion était triomphante et que la destruction des tranchées allemandes était totale, les Allemands ont pu reprendre une position stratégique et des centaines de soldats britanniques sont morts en quelques minutes. Ceci était très douloureux et marquant pour les soldats car les régiments décimés avaient été recrutés par quartier et tous se connaissaient.


A ce jour, le cratère est devenu un mémorial pour les soldats britanniques ; ce lieu est maintenant un lieu de repos pour les corps de soldats allemands, français et britanniques non retrouvés et/ou morts dans la Somme. Chaque premier Juillet, à 7 heures 28, des centaines de personnes se rassemblent autour du cratère pour commémorer les soldats morts lors de l'explosion et de l’intégralité de la bataille. Un coup de sifflet et le bruit d’un pétard marquent le début de la cérémonie, ce qui rappelle l’explosion de la mine à ce moment précis. Le site appartient à Richard Dunning, d'origine anglaise, qui consacre son temps à préserver la mine pour qu'elle reste un lieu de repos et de tranquillité. Il offre ainsi aux visiteurs la possibilité de la contempler et de réfléchir sur la Grande Guerre et ses mémoires.

Le signification historique de cet endroit rend l'atmosphère et le ressenti très froid ; nous pouvons voir les dégâts que l'homme a pu faire directement, et cela nous aide énormément à nous rendre compte des faits horribles de la guerre et de l’inhumanité des dirigeants. J'ai ressenti beaucoup de respect pour les soldats qui ont combattu et qui ont suivi leurs ordres, ça n'a pas dû être très facile ; le début de la Somme était un carnage et la plupart des morts n'étaient même pas nécessaires, ou n'ont pas beaucoup changé la situation. Mais ces hommes ont combattu et sont morts pour leurs pays et ceci peut seulement nous rendre fiers.

Plus tard dans la journée du 17 Septembre, j'ai sillonné avec un camarade de classe le mémorial de Thiepval. Ce monument commémore les armées franco-britanniques de la Première guerre mondiale ; il se situe sur le plus haut point de la commune de Thiepval sur le champ de bataille. Ce monument a été érigé en 1932 par la Commonwealth War Graves Commission et il s'agit du plus important monument britannique en France.

Le prince de Galles et le président de la République française étaient présents pour la cérémonie.

Le mémorial a été fabriqué à base de pierres blanches et de briques, sur lesquelles sont gravés les noms de 73 367 soldats britanniques disparus sur les champs de bataille de la Somme. Au-dessus des noms sont sculptées des couronnes de lauriers et les noms des lieux de la bataille de la Somme. Les tombes britanniques qui se trouvent dans la nécropole sont signalées par de simples stèles avec le nom du soldat enterré, qui est gravé sans distinction de grade militaire, de rang social ou de religion. De plus, sur le fronton est gravée l'inscription des cimetières français et anglais qui se trouvent à ses pieds, et donc aux premières lignes du front: «Aux armées française et britannique, l'empire britannique reconnaissant».


 

La visite à ce lieu était très importante pour moi. Mon arrière grand-père, Frederic John Snow, faisait partie de la Royal Marine Artillery ( L'artillerie royale de la marine). Il a combattu dans la Somme pendant toute la bataille, à l'exception de deux permissions à cause des gaz de combat, mais il y est retourné.

Mon arrière grand-père n'est pas mort dans la Somme ; il a survécu mais je voulais déposer une rose blanche en sa mémoire, car la guerre l'avait marqué éternellement et a changé sa vie pour toujours. Il avait seulement 17 ans lorsqu'il est rentré dans la marine et est parti dans la Somme.

Une rose blanche signifie la pureté et l'innocence. Mais elle est aussi le symbole de Yorkshire, le comté de naissance de mon arrière grand-père et la région d'origine de ma famille.

La première guerre mondiale avait donc énormément marqué ma famille. D'un très jeune âge, partant de mes ancêtres jusqu’à mon père, j'ai écouté et appris beaucoup de choses sur la guerre et ses histoires. Ce voyage était une occasion extraordinaire pour moi de voir et visiter les lieux de tout ce que j'avais entendu en étant jeune et, bien sûr en cours d'histoire. Ce voyage m’a permis de réaliser l'impact de la guerre sur les soldats, sur les paysages, sur les états d'esprit et l'histoire. Sans voir la réalité des lieux je pense que nous ne pouvons jamais vraiment réaliser l'horreur de la guerre et ce que l'homme est capable de faire. Tout le monde doit visiter et contempler ces lieux pour une réflexion personnelle et même pour le respect des soldats qui ont combattu pour la liberté. Ce voyage m'a aussi montré que malheureusement l'homme peut être le plus inhumain de tous les êtres au monde et que même aujourd'hui les guerres continuent et deviennent de pire en pire et que nous ne nous rendons pas compte que ce n'est pas toujours une bonne solution.

Nous ne serons jamais assez reconnaissants envers ces hommes

qui ont combattu pour notre liberté.

 

                                                       Iona, élève de Terminale L

 

La caverne du dragon, par Shanna.

 

 

                                                                   La caverne du dragon

 

           La première Guerre Mondiale est présente dans nombre de manuels d'histoire et est majoritairement présente dans le programme de première.Il nous est expliqué les causes et les conséquences de cette guerre et l'accent est mis sur son atrocité. Cependant, même si nous sommes touchés et effrayés qu'une telle chose eut été possible, les émotions que nous ressentons vis-à-vis de cet événement majeur de l'Histoire lors de l'enseignement scolaire nous paraissent bien dérisoires lorsque nous arrivons sur les lieux des batailles et que les choses prennent un aspect plus réel : ce ne sont plus des images mais bien de véritables paysages marqués par la guerre que nous foulons, cela fait le même effet que lorsque l'on passe de la théorie à la pratique : tout paraît plus compliqué, plus difficile. On se heurte tout à coup à la réalité en ayant toutefois conscience que l'on ne pourra qu'effleurer cette dernière, la violence de la guerre étant insaisissable tant son ampleur a pris des proportions inimaginables sur tous les points.

Durant ce voyage, un lieu m'a particulièrement marquée. Il s'agit de la Caverne de la Creute, également appelée Caverne du Dragon. Celle-ci se trouve à Oulches, tout près du Plateau de Californie ainsi que du chemin des Dames. Un musée du même nom lui est maintenant dédié, juste au-dessus de la caverne, qui était une ancienne carrière. Ce plateau a été le « théâtre », en 1917, d‘une des plus importantes batailles de la première Guerre Mondiale. La caverne a été tiraillée entre les camps Allemands et Français pendant toute cette guerre, mais encore plus durant l'année 1917. En effet, les Allemands avaient pris d’assaut le point le plus haut : le Plateau de Californie, afin d’avoir une position stratégique. Ils tenaient cette dernière, réduisant à néant les tentatives des Français pour percer les lignes ennemies. Ainsi, les Allemands possédaient les hauteurs, mais également la Caverne du Dragon, située en dessous du plateau sur lequel ils se trouvaient.

Le passage pour accéder à la caverne se fait, de nos jours, en passant par le musée dédié à cette dernière. L’entrée de l'ancienne carrière est sombre et humide, comme on pouvait s’y attendre, mais elle est également jonchée de vestiges de la guerre avec notamment des casques allemands, français, australiens mais également des barbelés et leurs queues de cochon, des éclats d’obus ainsi que des armes en tous genres. On ne distingue pas la suite de la caverne, on dirait même qu’elle n’est pas plus grande que les quelques mètres carrés qui nous entourent, saturés pourtant de déjà trop d’horreurs pour un si petit espace : les armes et leurs baïonnettes laissent imaginer les souffrances qu'ont dû endurer les hommes blessés ou tués par leurs coups, les casques troués, sont le signe que leurs propriétaires sont certainement morts des suites de l’impact fracassant dont le casque possède les preuves. Les objets situés dans ces prémices de la carrière ont d’ailleurs été retrouvés au fur et à mesure des recherches des archéologues et de leurs macabres découvertes. La visite se poursuit et nous entrons alors dans un véritable dédale de pierre. Des dessins représentant l’arbre de la vie selon la religion chrétienne et des croix de cette dernière sont dessinés sur les murs, mais ils ont été réalisés par les ouvriers ayant travaillé avant le début de la guerre dans les carrières, à l’aide de leurs bougies. Les pans de pierre des murs sont espacés, la place y est large. Les soldats, pendant la bataille, avaient pu y installer des lits et étaient à l’abri des intempéries. Cependant, en se replaçant dans un contexte de guerre, même en étant plus confortable que les tranchées, la caverne restait tout de même inhospitalière. Les murs tremblaient certainement à chaque explosion, décrochant de la poussière des plafonds et des murs, la fumée provoquée par les armes et leurs dégâts rentrait et restait emprisonnée dans la caverne, l’humidité de cette dernière était décuplée par le mauvais temps (pluie voire neige) durant cette période et on ne trouvait aucune nourriture sans sortir, manœuvre extrêmement risquée. La visite continue alors et nous arrivons à une source. Un véritable puits aménagé par les soldats afin de pouvoir avoir de l'eau à disposition. Ce puits est d'ailleurs une aubaine pour des hommes qui n'ont accès qu'à très peu d'eau sur les champs de bataille, qui sont souvent déshydratés et qui, de ce fait et malgré eux, manquent d'hygiène.

Nous arrivons ensuite devant un plan du plateau qui se trouve au-dessus de nos têtes. La guide nous explique alors que les Allemands ont mené une contre-attaque à celle des Français le 26 juillet 1917 pour récupérer la carrière, ces derniers ayant réussi à la prendre après maintes tentatives. Cependant, ils la perdent à nouveau le 2 novembre de la même année alors que deux régiments avaient été mobilisés dans ce but (152ème et 304ème régiments). S'en suit alors une bataille perpétuelle pour reprendre la Caverne du Dragon qui se solde, chose somme toute étrange pour un conflit, par une « cohabitation », un « partage » de l'ancienne carrière. Cela est étonnant, mais après tout, ces personnes sont humaines, ce sont tous des soldats dans les mêmes conditions, et après une fraternisation le jour de Noël où des chocolats, cigarettes... ont été échangées, pourquoi ne serait-ce pas possible de nouveau ? Mais la guide s'explique rapidement : la « cohabitation » n'en était pas une. En effet, les soldats des deux camps avaient construit des murs entre eux et continuaient à tenter de prendre la partie de la caverne de l'autre. Ce qui était le plus convoité et le plus sujet au conflit restait le puits, celui qui leur permettrait en grande partie de survivre dans cette atmosphère hostile. Puis, vers la fin de la première Guerre Mondiale, la lutte s'intensifie. Chacun met au point sa stratégie : les Allemands construisent un, voire plus généralement, deux murs à l'entrée de la grotte, ainsi, si les ennemis veulent entrer ou sortir, ils en sont incapables parce que les cloisons les bloquent et ils se retrouvent sous les tirs ennemis. Ils ont également l'impossibilité de se défendre car les murs empêchent toutes tentatives de riposte. Cependant, les Français essayent de lancer du gaz dans la partie ennemie de la caverne. Leurs tentatives échouent car le gaz étant plus lourd que l'air, il descend au pied des cloisons et se trouve piégé entre les deux fameux murs allemands. Tout cela montre l'acharnement des deux camps à remporter des territoires et à enlever des vies. Le changement de la nature humaine que l'Homme s'est acharné à transformer durant des siècles en quelque chose de meilleur subit une métamorphose, et malheureusement pas dans le bon sens du terme. Ainsi, l'instinct de survie primitif reprend le dessus : tuer ou être tué : et c'est la loi du plus fort qui revient au galop.

 

La visite continue dans des espaces bien plus exigus. Des vestiges de réseaux électriques jonchent le plafond, signe que malgré la guerre et la panique générée par cette dernière, l'ingéniosité dont peuvent parfois faire preuve les humains est réelle. C'est même assez impressionnant de se dire que malgré le froid , les explosions , les tremblements du sol, l'humidité, le manque d'hygiène et même la présence des rats, les soldats ont su préserver assez de réflexions, de courage et de force (que la guerre leur arrachaient souvent) pour installer un aussi grand réseau électrique parcourant tous les plafonds de la grotte afin d'alimenter des ampoules, des téléphones et autres machines de cryptage/décryptage.

Nous arrivons ensuite dans une partie de la grotte où le sol remonte rapidement pour se rapprocher du plafond. C'est ici même que j'ai eu la réponse à une question qui me trottait dans la tête depuis le début de la visite, lorsqu'un de mes camarades l'avait posé: d'où vient le nom de « Caverne du Dragon » ? En face de nous se dresse une galerie à moitié effondrée. Les soldats l'avaient creusée afin de créer une nouvelle sortie inconnue des ennemies. Cependant, elle n'a jamais été terminée et une cuisine mobile y avait pris place. Cette cuisine rejetait de la fumée et les soldats à l'extérieur de la carrière la voyait, comme si un dragon la projetait en dehors de son antre, de là vient le nom de « Caverne du Dragon ».

La visite se poursuit et nous voyons, dans une paroi, un grand renfoncement. La guide nous explique qu'il s'agissait de l'infirmerie. Une infirmerie dans un lieu aussi insalubre ? Oui, réellement. Comment imaginer des soldats blessés, souvent gravement et même mortellement, et les médecins et infirmières s'agitant devant le nombre croissant de nouveaux combattants touchés par la morsure d'une arme, dans un lieu aussi inapproprié ? En effet, le lieu est humide, atmosphère de prédilection des bactéries et maladies, les plaies des blessés sont pleines de terre et le manque d'hygiène déjà considérable évolue encore et encore. Secourir devient alors très difficile et les soins prodigués deviennent très lourds, tels que des amputations. Malheureusement, beaucoup de soldats perdent la vie en souffrant, car les effectifs des médecins et infirmières sont insuffisants. La visite se poursuit vers une autre « pièce » où des extraits de films et photos de guerre sont diffusés. Cet endroit se trouve être un ancien cimetière provisoire où les corps étaient entassés en attendant de pouvoir être enterrés à la surface. La visite se termine dans l'apogée de la souffrance et de l'horreur.

Nous prenons alors le chemin de la sortie et voyons une œuvre d'art composée d'ampoules disposées sur des tiges de métal de différentes tailles et représentant les morts et disparus dans cette guerre. Cet instant de poésie est le bienvenu après l'atmosphère oppressante (allant crescendo) de cette visite. Cependant, le répit est de courte durée car la guide nous donne plusieurs chiffres de la guerre, dont un qui m'a particulièrement marquée : un mort tous les dix centimètres sur les champs de batailles, au-dessus de nos têtes. Un mort tous les dix centimètres ! Mais comment est-ce possible ? Tant de pères, frères, oncles, maris perdus au prix d'efforts inconsidérés pour la vanité humaine, la quête de pouvoir mais également contre l'oppression et pour la protection des familles. Mais ces raisons sonnent presque comme des excuses, car rien ne pardonne la perte d'un être cher.

Mais n'étant pas dans ce contexte et n'ayant pas connu cette époque qui, je le souhaite, ne se reproduira jamais, il m'est impossible de juger. Tout cela paraît tellement fou et affreusement triste que même ces termes restent des euphémismes.

Nous continuons donc à marcher vers la sortie et arrivons devant de petites vitrines remplies d'objets absolument magnifiques réalisés par les soldats, certainement lorsqu'ils en avaient le temps ou lorsqu'ils devaient s'occuper pour occulter ce qu'était devenu leur quotidien. Même dans les temps les plus sombres, la beauté et la poésie arrivent à se trouver une petite place et prouvent que l'optimisme est encore présent, qu'il reprendra à un moment ou à un autre ses droits et sa supériorité sur le chaos.

La visite se termine ainsi, sur cette accès de légèreté qui fait du bien à tout le monde.

Ce voyage m'a permis de mieux comprendre les affres de la première Guerre Mondiale et ses principales batailles. Cela m'a également permis de mieux replacer les événements et leur déroulement ainsi que de toucher du doigt les tactiques adoptées par chaque camp, comme s'ils jouaient une partie d'échecs géante et tragique. Les lieux que nous avons vus étaient très divers, nous permettant de prendre conscience de l'ampleur de la guerre et son déroulement sur tous les fronts. En repartant, dans le bus, même si l'atmosphère se voulait enjouée, je ne pouvais m'empêcher lorsque je regardais le paysage défiler devant mes yeux, d'imaginer dans une plaine des tranchées assaillies par les tirs ennemis venant de la crête et, en contre-bas, des mines et des assaillants cachés, attendant le moment où il faudrait sauter sur l'ennemi pour lui trancher la gorge dans des combats au corps à corps avec des armes de fortune et, partout, des corps tombant par milliers, inanimés.

                                                                                       Shanna, élève de Terminale L

Commémoration de la Grande Guerre au lycée

Grâce aux recherches menées par les élèves de l'atelier histoire sur la plaque commémorative du lycée, le voyage d'étude sur les champs de bataille de la Grande Guerre, sur la trace de nos anciens élèves morts pour la France, peut avoir lieu. Le voyage pédagogique, organisé par les professeurs d'histoire, Mesdames Chemaly et Cousseau et Monsieur Nominé, se déroulera du 16 au 18 septembre et permettra aux élèves de découvrir entre autres les champs de bataille de la Somme, de Moislains en particulier, et du Chemin des Dames. Les familles pourront accéder au blog du voyage sur l'espace numérique de travail du lycée grâce au travail de Madame Cothereau..

 

Le voyage a bénéficié de subventions importantes de la part de la FNAM, Fédération Nationale d'anciens combattants André Maginot, et de la part du Souvenir Français.

 

La remise des chèques de subvention a eu lieu officiellement au lycée, mercredi 9 septembre

devant la plaque commémorative et autour d'une collation, en présence de Monsieur Larchevêque, Proviseur du lycée, des élèves de l'atelier histoire et d'élèves participant au voyage.

 

Les professeurs organisateurs.